YES I CANNES SKI…

by OLIVIER DESCOINS

YES I CANNES SKI…

Lorsque Sophie Brugerolles me propose de m’inviter à la clôture du Festival du Rire en montagne, à Valberg, je me demande où peut se situer cette station dont je n’ai jamais entendu parler, mais comme j’aime rire et skier, je me dis que c’est une excellente idée.
A cet instant, je suis loin de m’imaginer que je vais passer un week-end magique tout en allant de surprises en surprises…
Mais où peut bien se situer Valberg ? Etonnamment, cette charmante station se situe dans les Alpes-Maritimes à seulement 1h 30 de Cannes…
De Cannes ? Eh oui ! On peut skier tout proche de la célèbre « french riviera ».
Vingtminutes seulement  après être descendu de l’avion à Nice, nous sommes déjà dans les montagnes. Le trajet est un vrai régal pour les yeux, les roches rouges si typiques de la région, le parc national du Mercantour avec ses loups sauvages, sa vallée des Merveilles et ses 40 000 gravures préhistoriques, rien que la balade est une invitation à la rêverie…
Nous arrivons à Valberg, petite station familiale, qui célèbre cette année ses 80 ans.
Check-in au « Chalet Suisse » où nous sommes accueillis par sa directrice, Christine, qui règne sur son hôtel avec une main de fer dans un gant de crin…
-« Vous êtes certain que vous voulez déjeuner dehors ? Vous allez avoir froid, je vous aurai prévenu… Remarquez ! Vous, vous êtes costaud, ça devrait aller…»
Le ton est donné. J’espère que Christine fait un peu de « stand-up » ce soir… je sens qu’on va s’amuser !
En même temps, c’est le Festival du Rire, je suis venu pour ça…
Confortablement installé en terrasse au soleil, le menu sous les yeux, le fond de l’air est frais –Christine nous avait prévenu- mais hors de question de se plaindre !
La « croûte Suisse au fromage me tente mais j’opte pour le thon à la japonaise nettement moins local mais succulent, il n’est pas question de s’alourdir puisqu’il est prévu de découvrir le domaine skiable dans moins d’une heure.
Non loin, Patrice Laffont, parrain de l’événement, donne quelques interviews où il se réjouit des découvertes qu’il a fait durant sa semaine de festivalier.
-« Et tant qu’il y a du soleil et un peu de vin, je suis content ! » s’exclame-t-il en ajoutant le sourire en coin :
«-Et des filles aussi ! Mais vous savez, à mon âge, ça devient un peu plus compliqué…»
Smaïn, membre du jury, est en pleine discussion avec l’inoxydable Michel Chevalet et Louis Bodin, l’élégant monsieur météo de TF1, tous deux venus également pour découvrir la région, accompagnés de Valérie Darmon la miss météo d’Europe 1.
A ski, le domaine est absolument unique avec sa végétation, sa vue panoramique et son infrastructure qui en fait une véritable station à dimension humaine.
Pour les non-skieurs,  il y a « le sentier planétaire », véritable sentier pédestre où l’on peut partir à la découverte des planètes et du système solaire reproduit à l’échelle 1/1000000.
Après un petit sauna et hammam au Chalet Suisse, il est temps de se préparer pour assister au spectacle de Titoff qui vient clôturer cette semaine de festival.
Je croise Christine qui me lance taquine :
-« Le sauna vous a fait du bien, j’ai l’impression que vous avez déjà maigri un peu ! »
Je sens qu’elle est prête pour son « one-woman show » que j’attends avec impatience…
Titoff fait son entrée en scène et pendant plus d’une heure trente, il revisite ses sketches « historiques » qui ont fait son succès pendant près de 15 ans.
Si la salle est complètement hilare devant sa prestation, j’aurai bien ri un peu plus mais je ne me souvenais plus comment je riais dans les années 90…
A la fin du spectacle, c’est Michel Chevalet confondu par Titoff avec Jean-Claude Bourret qui fut la proie des spectateurs et journalistes démontrant un capital sympathie jamais érodé.
Il est temps de se coucher car demain Sophie Brugerolles tient absolument à nous faire découvrir la plus longue tyrolienne de France à La Colmiane…
Je croise un miroir dans les couloirs de l’hôtel, j’ai effectivement un peu fondu, Christine avait raison…
Sur le perron du Chalet Suisse le lendemain matin, je suis triste de partir et je promets à la truculente directrice de l’hôtel, qui m’embrasse comme du bon pain, de revenir très vite.
Arrivés à La Colmiane, nous empruntons un télésiège qui nous emmène au sommet de la montagne au départ de la tyrolienne.
L’ambiance est à la rigolade pour dédramatiser un peu, car debout, harnaché, casque vissé sur la tête, le vide sous nos yeux est vraiment étourdissant.
C’est l’intrépide Louis Bodin qui s’y colle en premier, le jeune homme qui l’équipe lui demande son prénom en souriant :
-« Ah oui c’est ça ! C’est bien Louis ! Je me disais aussi …Vous allez voir, vous allez voler comme un aigle » et hop ! Louis s’envole.
Juste derrière lui, je ne fais pas le malin, c’est véritablement  impressionnant !
Au talkie, le jeune homme annonce mon poids à la personne qui va me réceptionner         1 900 mètres plus bas.
-« Vous allez voler à plus de 130 km/h, profitez bien du voyage…
Jérôme, je t’envoie 100 kilos !»
Bon bah, finalement, je n’ai pas tant maigri que ça, Christine s’était trompée !
Et hop, à mon tour de m’envoler !
La sensation est incroyable, le site est somptueux et toute l’appréhension que j’avais ressenti au sommet s’évapore en découvrant le paysage, on a réellement le sentiment de voler ou d’être réincarné en drone surplombant la vallée.
Nous nous retrouvons tous au pied de la station autour d’un vin chaud, contents de s’être dépassés et heureux comme des enfants.
Nous avons tous 10 ans, même Michel Chevalet, incorrigible curieux,  qui se demande comment peut bien fonctionner le système de freinage de la tyrolienne.
Valérie Darmon, quant à elle, se félicite de sa prévision météo optimiste, alors que la pluie était programmée…
Il fait effectivement très beau sur La Colmiane. Si Valérie regrette de ne pas s’être lancée dans l’aventure tyrolienne, elle promet de revenir très vite avec sa fille qui, elle, adore les sensations fortes.
Sophie Brugerolles nous annonce la suite du programme… elle nous emmène à Cannes pour déjeuner.
Une heure et demie plus tard, nous sommes confortablement installés sur la terrasse du Radisson Blue, au restaurant « le 360 » qui, comme son nom l’indique, surplombe toute la baie de Cannes de façon panoramique en offrant un ballet de mouettes que l’on croirait chorégraphiées tant il est majestueux.
J’ai du mal à imaginer, en dégustant ma blanquette de la mer revisitée de manière très contemporaine, qu’il n y a pas si longtemps j’étais encore dans une station de ski…

C’est toute la magie de la région des Alpes du Sud, qui offre ce plaisir intense de pouvoir passer du ski alpin au ski nautique en à peine deux heures…
La pluie, annoncée par Louis Bodin, arrive sur Cannes et le ciel prend une teinte gris-bleutée qui rend le ballet des mouettes encore plus enivrant…
-« Celui qui aime l’arc-en-ciel doit apprendre à aimer la pluie ! » s’exclame Valérie Darmon citant Paulo Coelho !
Elle a raison, le ciel est vraiment dingue même sous le crachin cannois…
Et c’est avec un parapluie que nous rejoignons Sophie qui nous emmène prendre possession de notre chambre au Majestic Barrière.
Cannes a se pouvoir d’être toujours magique. Quel que soit le temps, où l’événement qui s’y déroule, on passe toujours, dans la cité cannoise, un moment intense et unique.
Sophie Brugerolles et son équipe ont bien fait les choses. C’est dans une superbe suite avec vue sur la mer que je dépose mon sac…
Dans les couloirs du Majestic, de superbes photos en noir et blanc de Monica Bellucci, Sophie Marceau ou encore de Brad Pitt lors de leur passage au célèbre festival de Cannes.
Je troque mes « Moon Boot » pour des souliers en cuir et c’est au pied du Palais des Festivals et de ses marches mondialement connues, que je retrouve mes amis pour assister à un spectacle de « Tap Factory », mélangeant habilement tap-dance, chant et acrobatie.
Dans la salle comble, c‘est l’hystérie. C’est en sautillant ,le sourire aux lèvres, que nous descendons les marches pour aller dîner à « La cabane de l’écailler », la toute récente bonne adresse cannoise.
Décoration raffinée, cave qui va du  « Minuty » au « Pétrus », et accueil des plus chaleureux pour ce « Seefood restaurant » qui propose une large sélection de produits de la mer issus de la pêche locale.
Beaux produits, jolies recettes, beaucoup de saveurs, La cabane de l’écailler est une très jolie découverte.
En dégustant mon tiramisu revisité aux agrumes, je repense à Valberg, à la tyrolienne de La Colmiane, étrangement je repense même à Titoff et à son spectacle « vintage », et je me dis que j’ai passé un week-end délicieusement surprenant.
Il est temps de rentrer au Majestic pour une dernière nuit qui s’annonce douce si je me fie au « menu des oreillers » posé près de mon lit…
Non loin, dans la salle de bain, le pèse-personne semble me regarde… je me dis que Christine, la pétillante directrice du Chalet Suisse, a dû me jeter un sort…
J’opte pour un oreiller « anti-rides » et en m’endormant, je me demande si le comble du luxe et du raffinement ne serait pas de passer un week-end mélangeant harmonieusement mer et montagne…

By Olivier Descoins

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